Le jeu , besoin essentiel ?
Posté par Magali, jeudi 3 décembre 2009 à 12:26 :: cheval au naturel :: #162 :: rss
Jouer serait donc une activité essentielle à l' équilibre de nos chevaux?
Le jeu selon les éthologues (cf Pierre Garrigue, chercheur en éthologie anthropologique);
"Le fait que le jeu soit largement répandu dans les espèces animales peut donner à penser que sa signification biologique compense largement ses désavantages (Immelmann, p. 100). D’un point de vue évolutionniste, le jeu semble en effet avoir une valeur adaptative pour les espèces animales et contribuer au développement individuel.
Par la surabondante activité physique déployée, les jeux participent sans doute au développement physique de l’animal, mais ce n’est pas le seul bénéfice. Dans ses interactions avec l’environnement, le jeune animal développe ses compétences sociales et cognitives. Il expérimente, dans des conditions relativement détendues, des situations variées, dans le cadre desquelles il apprend à trouver des solutions à des problèmes nouveaux : acquérir la distance adéquate dans l’interaction avec les congénères ou découvrir l’usage d’un outil. Au cours de ses explorations, le jeune animal met ainsi en œuvre des régularités comportementales vis-à-vis de l’environnement physique et social. De ce point de vue, la fonction centrale du jeu est de permettre chez le jeune individu le « déverrouillage » des différentes activités propres au répertoire de l’espèce ou issues des schèmes d’action acquis graduellement (Petersen et al., 1984). Par un processus d’autoréférence, cet effet émancipateur du jeu favorise l’orientation du sujet dans son environnement et le modelage de ses activités en fonction de celui-ci."
Toujours selon les scientifiques, l' activité ludique, qui s' exprime chez tous les mammifères, humains inclus, n' est pas seulement l'apanage des jeunes sujets... Sur la photo suivante, Mambo, 25 ans, bon dernier mais toujours partant...Tout cela donne très chaud et ça fait du bien de se rouler dans le ruisseau...
A force de les voir vivre au quotidien , je suis persuadée que le jeu est un besoin essentiel à l' équilibre physique et psychologique de nos chevaux, qui vient juste après les besoins vitaux (Un cheval qui ne joue pas ne tombe pas malade, mais il est triste, éteint et résigné.) Quel que soit leur âge, et dès qu' ils en ont l' occasion, ils s' expriment dans une activité joyeuse et explosive, pas seulement avec leurs congénères d' ailleurs.. (D' ou la nécessité de leur apprendre la fragilité de ceux qui sont amenés à jouer avec eux sans peser 500 kgs...)
A contrario, seuls les animaux "en ordre" dans leur tête et dans leur corps s' expriment par le jeu : j' ai remarqué par exemple que les deux ans en phase de croissance aigüe mettent de coté cette activité pour se consacrer quasi exclusivement à l' alimentation... Autrement dit, ils poussent, ils dévorent, ils sont en stand-by, ils jouent..
On a pu démontrer que dans une population de chevaux sauvages, les individus qui ont joué régulièrement ont mieux survécu, et avec une bien meilleure condition physique que les autres. ( sources: Institute of natural resource, Massey university) Non seulement l' animal qui joue exprime plaisir et amusement, dépense de l' énergie, est capable de "faire comme si", mais il envoie des signaux de communication, développe son habileté motrice et interagit socialement ( combat ludique).
Pour cela , ils ont besoin de partenaires et d' espace... Il est temps de sortir les chevaux, entiers inclus, de leurs boxes ou ils s' ennuient à mourir, "macèrent", et s' ankylosent ! Laissons les exprimer cette joie débridée qui met des étincelles dans leurs yeux !
Un bon moyen pour nous humains de partager ces bons moments avec nos amis à crinières sans prendre de risques est de le faire dans le rond de longe au cours de séance de travail en liberté : Si vous y mettez de l' enthousiasme, votre cheval ne tardera pas à s' éclater et à le montrer !












Commentaires
1. Le jeudi 3 décembre 2009 à 16:10, par Stéphanie
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